#5 Autumn 2025

Comment les assurances-vie peuvent faciliter la planification successorale contrôlée en Belgique et au Luxembourg.

Nicolaas Vancrombrugge Senior Wealth Planner – Belgium and Luxembourg View profile

La transmission après le décès est une exigence courante dans la planification successorale des résidents belges et luxembourgeois. Si beaucoup optent pour des structures complexes et coûteuses, ils négligent souvent les outils efficaces et simples offerts par la législation locale en matière d’assurance. En particulier, l’avenant post mortem – qui permet le transfert des droits au titre d’un contrat d’assurance-vie après le décès du preneur d’assurance – et la clause bénéficiaire (irrévocable) offrent des options puissantes pour une planification successorale efficace.

Dans cet article, Nicolaas Vancrombrugge, Senior Wealth Planner – Belgique et Luxembourg, explique comment une solution patrimoniale basée sur l’assurance-vie peut être utilisée pour soutenir des stratégies de transmission du patimoine, offrant une alternative plus simple et moins couteuse par rapport aux structures traditionnelles.

Pourquoi les donations ne sont pas toujours la solution

La planification successorale par le biais de dons durant la vie est une pratique bien établie en Belgique et au Luxembourg. Les donateurs assortissent souvent leurs dons de conditions afin de conserver un certain contrôle et d’empêcher les bénéficiaires d’utiliser les actifs à mauvais escient. Cependant, de nombreuses personnes fortunées choisissent de ne pas faire de dons de leur vivant, peut-être parce que leurs héritiers sont trop jeunes ou considérés comme financièrement irresponsables.

Les arguments en faveur du contrôle post mortem

Cela soulève la question suivante : le même niveau de contrôle peut-il être maintenu après le décès ? Pour y parvenir, les particuliers ont souvent recours à des structures complexes telles que des sociétés de personnes, des sociétés ou des fondations. Pourtant, le droit belge et luxembourgeois en matière d’assurance offre des alternatives moins connues mais très efficaces grâce aux contrats d’assurance-vie, qui peuvent donner des résultats similaires avec une plus grande simplicité.

Transfert des droits après le décès

Dans les deux juridictions, les preneurs d’assurance détiennent des droits essentiels dans le cadre des contrats d’assurance-vie. Ceux-ci comprennent la possibilité de déterminer ou de modifier le profil d’investissement, de racheter la police et de désigner des bénéficiaires. Il est important de noter que ces droits peuvent être transférés à un tiers, non seulement du vivant du preneurs d’assurance, mais aussi après son décès.

Pour permettre les transferts post mortem, le contrat d’assurance-vie doit rester en vigueur après le décès du preneur d’assurance. Cela nécessite la désignation d’au moins un assuré supplémentaire. Dans ce cas, les droits du preneur d’assurance ne sont pas inclus dans la succession, mais sont transférés conformément à un avenant post mortem, c’est-à-dire un addendum contractuel spécifiant le bénéficiaire de ces droits. Cet avenant ne prend effet qu’au moment du décès et peut être modifié à tout moment avant cette date.

Concevoir une clause post mortem pour garder le contrôle

Bien qu’elle soit souvent rédigée comme un simple transfert, l’annexe post mortem peut être adaptée pour devenir un puissant outil de planification successorale offrant des possibilités très intéressantes en matière de transmission du patrimoine.

Par exemple, elle peut stipuler que certains droits prévus par le contrat sont temporairement transférés à une personne de confiance. Cette personne, désignée par le preneur d’assurance, supervise la distribution des prestations du contrat aux bénéficiaires finaux, conformément aux souhaits du preneur d’assurance.

Afin d’éviter toute incidence fiscale sur la succession de la personne de confiance, il est essentiel que les droits transférés n’incluent pas de droits économiques, tels que le droit de racheter la police, mais se limitent à des fonctions de supervision.

Aperçu de l’étude de cas

Pour un exemple pratique de l’application de ces principes, consultez l’étude de cas de M. Dupont – « Utilisation d’une clause post mortem pour soutenir les objectifs de succession familiale » – dans la section « Études de cas ».

L’utilisation d’une annexe post mortem met en évidence le puissant potentiel des contrats d’assurance-vie pour la gestion de la transmission du patrimoine entre les générations.

Consultez la section « Études de cas » ci-dessous ou cliquez ici.

Le pouvoir de la clause d’acceptation du bénéficiaire

Une autre option efficace consiste à utiliser une clause d’acceptation (irrévocable) du bénéficiaire. Cela permet de désigner un bénéficiaire de manière irrévocable, sans qu’il soit nécessairement le seul ou le principal bénéficiaire. Les conditions d’acceptation peuvent être détaillées dans une annexe séparée, adaptée aux besoins spécifiques de la famille.

Considérations juridiques et flexibilité

Pour que l’une ou l’autre de ces approches soit efficace, les annexes pertinentes doivent être rédigées avec soin. Il est également important de tenir compte des parts réservataires des héritiers. Le droit successoral belge, en particulier depuis la réforme de 2018, offre une grande flexibilité dans ce domaine.

Une solution pratique pour les situations familiales complexes

Lorsque vous conseillez des particuliers fortunés en Belgique ou au Luxembourg ayant une situation familiale complexe, il est intéressant d’examiner si un contrat d’assurance-vie peut offrir une solution pour gérer la transmission post mortem du patrimoine. Dans de nombreux cas, la réponse sera oui, ce qui permettra d’éviter des structures plus élaborées et plus coûteuses. Toutefois, il reste essentiel de recourir à des conseils juridiques et techniques spécialisés afin de s’assurer que la stratégie choisie corresponde aux objectifs du client et soit conforme à la législation locale.

Points clés à retenir pour les conseillers

  • Les contrats d’assurance-vie peuvent offrir des solutions élégantes pour la planification successorale familiale complexe.
  • Les clauses post mortem et l’acceptation des désignations de bénéficiaires permettent d’exercer un contrôle sans avoir recours à des structures coûteuses.
  • La planification doit commencer au moment de la souscription de la police afin de garantir la flexibilité et la conformité.
  • Consultez toujours un expert en droit des assurances afin d’adapter la solution aux besoins spécifiques de votre client.