Dans un marché marqué par un renforcement de la réglementation, une évolution technologique rapide et une mobilité accrue des clients, le choix de la bonne compagnie d’assurance-vie est déterminant. Les contrats d’assurance-vie s’inscrivent dans la durée et soutiennent une planification patrimoniale multigénérationnelle ; une sortie anticipée peut entraîner des conséquences fiscales et perturber les stratégies mises en place.
Dans cet entretien, Aidan Golden s’entretient avec Paul Thompson, CEO d’Utmost, sur les caractéristiques d’une compagnie d’assurance-vie résiliente. À l’occasion des dix ans de la marque Utmost, Paul partage sa vision de la solidité financière, de l’expertise technique et de l’engagement stratégique, et présente trois tendances qui façonneront le secteur à partir de 2026.
AG : Paul, Utmost s’est forgé une réputation de solidité et de fiabilité sur le marché international de l’assurance-vie. Qu’est-ce qui, selon vous, nous distingue des autres acteurs ?
PT : Pour moi, deux éléments sont déterminants : la solidité financière et la capacité technique. Les clients et les conseillers doivent avoir la certitude que la compagnie qu’ils choisissent sera présente sur le long terme, et Utmost répond clairement à cette exigence. Au-delà de cela, nous disposons de l’expertise nécessaire pour traiter les situations les plus complexes, qui impliquent souvent une planification multi-juridictionnelle, des actifs alternatifs et des structurations fiscales sur mesure. C’est dans ces domaines que nous excellons, et cette combinaison de stabilité et de profondeur technique est essentielle.
AG : Lorsque vous évoquez des « situations complexes », qu’entendez-vous concrètement ?
PT : La simplicité devient rare. Aujourd’hui, presque chaque dossier présente une forme de complexité. Les clients sont de plus en plus mobiles à l’international, avec des actifs et des membres de leur famille répartis dans plusieurs juridictions. D’autres utilisent des structures de trusts sophistiquées ou envisagent une expatriation, ce qui ajoute des couches de considérations fiscales et réglementaires. Ces situations portent souvent sur des montants significatifs et exigent une précision absolue. C’est là que notre équipe technique intervient, en travaillant avec les clients et les conseillers pour concevoir des solutions robustes et adaptées à chaque objectif. Il ne s’agit jamais simplement d’émettre un contrat, mais de construire un dispositif durable.
AG : Fort de votre expérience interne du secteur, quels sont selon vous les critères clés pour choisir une compagnie d’assurance-vie ?
PT : C’est l’une des décisions les plus importantes pour un conseiller ou un client. Ces contrats représentent des engagements de long terme, sur 15, 20 ans ou plus, et une sortie anticipée peut générer des conséquences fiscales non prévues. Le choix du prestataire doit reposer sur des éléments objectifs. Il faut dépasser le discours marketing et se concentrer sur deux fondamentaux : la solidité financière et l’intention stratégique. Ce sont là les fondements de la fiabilité.
AG : La taille et la solidité sont donc déterminantes ?
PT : Absolument. Préférez-vous confier vos actifs à une compagnie disposant d’une solidité financière démontrée, ou prendre un risque inutile avec un acteur plus fragile ? Il n’y a aucun avantage à choisir une compagnie moins robuste, uniquement un risque accru. Chez Utmost, notre notation Fitch A+ (Forte) constitue une preuve indépendante et claire de cette solidité. Associée à un ratio de solvabilité du Groupe sain et à plus de 100 milliards de livres sterling d’actifs sous administration, elle nous confère l’envergure et la résilience nécessaires pour accompagner nos clients sur le long terme. Dans le contexte actuel, les régulateurs et les assureurs en responsabilité professionnelle attendront des conseillers qu’ils justifient leurs choix.
AG : Quelle importance accordez-vous à l’investissement dans l’entreprise ?
PT : L’investissement est essentiel. Servir un contrat ne consiste pas à l’émettre aujourd’hui puis à l’oublier. Une compagnie d’assurance-vie doit être en mesure d’accompagner ses clients pendant plusieurs décennies. Cela implique de gérer des cessions, des changements de dépositaire ou de stratégie d’investissement, ainsi que d’évaluer la portabilité lorsque les clients changent de pays. Les entreprises qui n’investissent pas ou qui ne sont pas au cœur de la stratégie de leur groupe manquent souvent de fonctionnalités. L’investissement dans les systèmes, les équipes et les processus est non négociable et constitue le socle de notre stratégie chez Utmost.
AG : Ces solutions sont parfois perçues comme coûteuses. Comment réagissez-vous à cela ?
PT : Les avantages offerts, efficience fiscale, planification successorale, croissance des investissements, sont significatifs, mais leur mise en œuvre a un coût. Les compagnies d’assurance-vie sont coûteuses à exploiter, car elles doivent maintenir des marges de solvabilité, assurer une administration précise et garantir la conformité dans de multiples juridictions et vis-à-vis des régulateurs internationaux. Au cours de la dernière décennie, les investissements en technologie et en cybersécurité ont été multipliés. À cela s’ajoute la nécessité de disposer d’équipes techniques hautement qualifiées couvrant les aspects fiscaux et réglementaires de l’ensemble de nos marchés et produits internationaux.
AG : Et la rentabilité ? Comment concilier rentabilité et investissement ?
PT : Comme toute entreprise commerciale, nous devons générer un profit pour nos actionnaires, mais tout est question d’équilibre. Nous réinvestissons massivement afin d’assurer notre pérennité à long terme. C’est pourquoi la rentabilité est essentielle : elle nous permet d’investir aujourd’hui et de poursuivre notre développement stratégique dans la durée.
AG : Pour conclure, quelles évolutions façonneront, selon vous, l’avenir de l’assurance-vie internationale ?
PT : À l’horizon 2026, trois grandes tendances se dégagent. Tout d’abord, la montée en puissance des investissements alternatifs, les clients recherchant de plus en plus des solutions au-delà des classes d’actifs traditionnelles. Les compagnies d’assurance-vie devront offrir flexibilité et gouvernance robuste pour accompagner ces stratégies en toute sécurité. Ensuite, l’impact de l’intelligence artificielle, qui transforme déjà la gestion des données, l’évaluation des risques et la personnalisation des solutions. Enfin, le besoin croissant de sécurité et d’investissement technologique. Les cybermenaces évoluent, les exigences réglementaires s’intensifient et les clients attendent des interactions fluides, conformes et sécurisées.